Depuis la vulgarisation effective de l’évangile de la libéralisation commerciale et l’envahissement graduel de notre marché vers le milieu des années 80 par les produits importés, la descente aux enfers poursuit son cours allègrement. On importe de tout. Des vêtements usagés, du matériel de travaux publics, des camions, des voitures, du matériel électrique, électronique, des sous-vêtements usagés, etc. Tout passe dans nos ports et nos aéroports avec une telle facilité qu’Haïti peut facilement concourir pour le titre de champion de la libéralisation. A moins qu’un génie insoupçonné veuille faire de nous la poubelle du monde.
Du grand exportateur de café, de sucre, de cacao, de sisal, de bois précieux que nous fûmes ; du fleuron de la sous-traitance et du fort potentiel en matière d’agro-industrie que nous représentions dans un passé pas si lointain, nous sommes devenus une vulgaire communauté de rentiers, se souciant peu du bien commun. Les initiateurs de la lutte pour les droits de l’homme sont devenus si méconnaissables, si banals aujourd’hui qu’ils ne peuvent pas agir dans le sens de la sauvegarde de ce qui leur reste encore d’intérêts.




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