Il est déjà minuit quand Trouble Boy arrive sur scène avec l'hymne national, en entonnant un couplet de la Dessalinienne. Habillé comme un empereur. Puis, changeant de tenue, il entame des morceaux de son répertoire. Portant un maillot à l’effigie de Rutshelle Guillaume, Trouble se démène, accompagné de danseurs qui exécutent une chorégraphie pour amuser la foule. Après « Raz », il essaie le « Kòkòta Manman Yo » quelques secondes, mais se ravise pour le « Pral nan peyan m pou yo », ce morceau sorti au début du mois de novembre 2017 et qui n’a pas tardé à avoir du succès. Sa prestation est superbe, le voisin a fait ce qu’il fallait faire, sauf qu’il ne soulève pas la foule.

Chiwawa et Ted Bounce, après, reprennent le maillet. À coup de mix, de questions plutôt car c’est un peu la marque déposée de Chiwawa, le public se récrée en attendant l’arrivée de Roody Roodboy qui provoque l’euphorie dès les premiers accords de sa méringue carnavalesque à laquelle il fait succéder Zokoko, cette chanson produite en réponse au Koudeta et qui fut au chœur du fameux « bif » des rappeurs, en novembre dernier. Décidément, le chanteur sacré artiste masculin de l’année dans le palmarès Ticket 2017 est passé maître dans l’art d’animer son public. L’agencement de son répertoire est intéressant. Il est évident que le peuple aime bien, mieux, aime beaucoup l’autoproclamé président de la jeunesse.