Cela fait des années depuis que ses moindres mouvements sont scrutés tantôt par le citoyen lambda, tantôt par les plus fins observateurs. Soit vous l’aimez, soit vous le détestez. Joseph Lambert, ex-député, deux fois sénateur, n’indiffère pas. Cela semble être le propre de l’homme. Il a défendu avec opiniâtreté les années de René Préval. Il a soutenu Michel Martelly, peut-être pas avec la même énergie, mais avec la même audace, la même voix serpentine. Il s’est auto-proclamé l’ « animal politique ». Mais au Bicentenaire, des militants et autres collègues, boute-en-train, l’appellent « papa », sans qu’une quelconque logique ne justifie cette appellation. D’aucuns diraient même qu’il est difficilement catégorisable, comme d’autres politiques, tant son itinéraire est colorié de palinodies.
L’aguerri sénateur du Sud-Est, fraîchement redevenu président du Sénat, s’est construit la réputation d’un politique dont le verbe peut parfois se révéler impitoyable, incisif. Beaucoup se souviennent aujourd’hui encore de ses coups de gueule, de ses mots jetés sans ménagement à la figure de ses adversaires, sur les sables mouvants des années Préval. « La dame [Michèle Pierre Louis] descendra à l’abattoir », avait-il grondé, un matin 2009. La Première ministre n’y a pas mis les pieds mais sa tête a été coupée, sans aucune forme de procès, par la majorité pro-Préval, peu avant minuit le même jour. « Michel Martelly se comporte comme un éléphant dans un magasin de faïence », s’est-il emporté, au début de la fin de son mandat, en 2011, outré par les sorties à l’emporte-pièce du tout nouveau président.






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.