Nous savions tous que le secteur éducatif est pris en otage à tous les niveaux par des racketteurs et des mercenaires. Ce mal touche l’école maternelle comme l’université. Selon les statistiques qu’on répète d’année en année en dépit des nombreuses écoles publiques construites, 80% des écoles classiques sont gérées par le secteur privé. Dieu seul sait combien de ces établissements répondent aux normes minima de fonctionnement. Ainsi, nous en sommes arrivés à une école à multiples vitesses.

Vu l’incapacité de l’État haïtien de répondre au besoin d’éducation des enfants haïtiens, tout prétendu établissement scolaire trouve des élèves. Cette situation déborde depuis un certain temps le cadre de l’école classique pour toucher l’université. Comme si de rien n’était, le problème prend de l’ampleur au su et vu de tous. Hier c’était des écoles de commerce ainsi que des écoles d’infirmières et d’auxiliaires éparpillées çà et là, aujourd’hui aucun secteur n’est épargné. L’entrepreneuriat éducatif ne se donne plus de limite. En 2013, le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) avait fait état de 260 universités fonctionnant à travers le pays, la majorité sans reconnaissance légale. Pas étonnant que la plupart offrent des programmes de maîtrise en attendant le doctorat.