Si l’affaire PetroCaribe, handicape le Sénat, la réalité n’est pas différente à la Chambre basse. En effet, toute séance à la Chambre des députés est un exercice d’acrobatie pour les députés et d’incertitude pour le bureau hanté par la fragilité du quorum.

Le quorum : voilà le terrain inconnu sur lequel le bureau et les quelques dizaines de députés, s’accrochant aux intérêts du peuple, marchent au bord de mer. Selon un principe, écrit nulle part dans le règlement intérieur, mais accepté par les députés, le bureau est habilité à commencer une séance sur la base de la quantité de signatures de députés qui se sont fait inscrire sur la liste d’émargement et non du nombre d’élus présents réellement dans la salle. Ainsi, comme la stratégie de l’autruche, le bureau est contraint de nier la réalité qui lui crève les yeux devant une salle de séance clairsemée. Dans cette ambiance, les paresseux et les députés animés de mauvaise foi trouvent un asile sûr. La pratique se fait tellement monnaie courante qu’au bord de mer, l'on parle de « séance sans culotte », nous crache un député off the record.