En ce matin de mars, Raymond Noël se détache de son bon ami, et se présente seul dans nos locaux à Croix-Deprez. Mouchoir à motif -couleur bleu roi et vert- noué sous un chapeau en feuilles de latanier, chemise en pagne africain jetée sur un jeans noir et des sandales en cuir, avec ce look excentrique, ce « grimo », grand, aux yeux marron clair ne saurait passer inaperçu. Welele a tout l’air d’un Haïtien fier de ses origines africaines. Cette identité, il la clame d’ailleurs avec honneur. C’est pourquoi il a adopté Welele Doubout comme nom. « Je préfère que l’on m’appelle Welele Doubout. Li plis sanble avè m, ak idantite m. Raymond Noël fait plutôt français, c’est mon nom d’esclave.»

Cette « haïtianité », l’homme Doubout la traîne partout avec lui. Grâce à sa musique, à son tambour surtout. Un instrument auquel l’artiste est exposé bien avant sa naissance. « Depi nan vant manman m, m ap tande mizik. Ma mère jouait à la fois de la guitare et du tambour. Plus tard, j’ai débuté avec elle à l’église», affirme le fils de la musicienne Micheline Francillon Noël. En effet, la mère de Welele fait partie de cette génération de la zone de Bainet qui doit son aptitude en musique au père Jean Parisot. Cependant, d’une date marquant ses débuts, le tambourineur ne se souvient guère. « M jis jwenn m ap jwe tanbou. Tanbou pran lavi m », déclare le percussionniste.