« Je ne fais pas dans l’imaginaire. Mes textes racontent des expériences auxquelles j’ai dû faire face, d’où leur authenticité. Ils expriment la grisaille de mon quotidien, ma réalité », sont les premières phrases balancées par Ken FS au cours de notre entretien. On a vite compris que son histoire est quelque peu entachée de points noirs qui aurait pu anéantir ses rêves, voire sa vie.

A l’instar de certains rappeurs américains ou français, Ken FS a fait la malencontreuse expérience d’être incarcéré dans une prison de sa ville natale en 2011. Les raisons de cette arrestation paraissent, jusqu’à cet instant, floues pour le rappeur qui fera 16 mois au trou. « On m’a accusé à tort de la séquestration d’une jeune demoiselle. Mais il paraît que cette machination a pour base une vieille querelle entre les membres de ma famille et un commissaire de la ville », soutient le rappeur qui entreprenait à ce moment-là des études en Sciences administratives à l’Université Valparaiso. Il en a connu, des jours sombres et il le clame dans ses morceaux. Après avoir passé une année funeste dans une prison de la ville qui l’a vu grandir, Ken FS, impuissant, s’égare de jour en jour dans la brume du désespoir. Transféré par la suite devant la cour d’appel des Gonaïves, son calvaire prendra fin dans un cachot à Croix-des-Bouquets. Un chapitre qui laissera d’importantes séquelles chez le jeune homme.