À Petit-Fond, 1re section de Lascahobas, l’une des 12 communes du département du Centre, se trouve le centre d’accueil des enfants migrants du Groupe d'appui aux rapatriés et réfugiés (GARR). Dans cette section peu urbanisée, le centre, qui peut accommoder une dizaine de mineurs, se distingue par son imposant mur de sécurité et ses barbelés. C’est dans ledit centre que nous avons rencontré Pierre, benjamin d’une famille de six enfants, qui y avait séjourné en 2015 suite à son rapatriement par les autorités dominicaines. Âgé aujourd’hui de 17 ans, orphelin de mère depuis son enfance, il a traversé la frontière à l’âge de 12 ans à la recherche d’un mieux-être. En 2015, sa sœur, qui prenait soin de lui, lui a avoué qu’elle n’avait plus les moyens de payer son écolage. « Elle m’a conseillé d’émigrer en République dominicaine, raconte le jeune homme qui ne se faisait pas prier. Comme beaucoup d’autres adolescents de son âge, Pierre a franchi illégalement la frontière en compagnie de l’un de ses frères plus âgé que lui. « Nous avons dû courir plus de deux heures pour nous échapper à plusieurs malfrats dominicains, apparemment armés, qui voulaient nous dépouiller du peu d’argent dont nous disposions », confie l’adolescent.
Arrivé à destination, le jeune migrant avait vite trouvé un emploi dans un champ agricole. « J’ai travaillé de 6h a.m. à 6 p.m. pour un salaire journalier de 250 pesos », dit-il. Sa première quinzaine de travail lui rapportait près de trois mille pesos qu’il plaçait dans une boutique. « Je planifiais d’envoyer l’argent à ma sœur pour m’acheter des animaux, fait-il savoir. Le jour que j’ai fait le retrait, des bandits armés m’ont attaqué à quelques mètres de la boutique et emporté tout l’argent. »






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.