«Haïti a choisi de devenir un pays pauvre» s’érige en miroir. Un miroir nous mettant face à la déstructuration de notre économie, à l’effondrement de notre corps social, au processus lent de désinstitutionnalisation. Bref, nos manquements et nos irresponsabilités. « Cet ouvrage d’Etzer Émile nous arrive à un moment de toutes les incertitudes. Un début du XXe siècle haïtien caractérisé par les vulnérabilités environnementales aiguës, la fragilité du tissu social, un cadre politique déconfit qui fait fuir les investisseurs, une économie de comptoir axée sur l’exclusion qui alimente les inégalités, et des institutions de l’État en pleine déliquescence. L’auteur veut se démarquer des réponses habituelles qui tendent à blâmer l’autre pour nos malheurs, tout en admettant une certaine responsabilité de l’autre ou une certaine complicité », affirme l’économiste Fritz Alphonse Jean.

De l’ingérence et l’explosion des ONG à l’absence de politiques éducatives et migratoires adéquates et efficaces, les analyses de M. Émile sont, dépendamment de la suite, malheureusement ou heureusement bien fondées. Néanmoins, les 20 raisons avancées par M. Émile ne sont aucunement « des recettes pour des solutions toutes faites », comme l’affirme le préfacier du livre. Mais les arguments du jeune économiste doivent être soumis au débat afin de trouver un dénouement positif, lequel empêchera au pays de rester avec l’étiquette de pays pauvre. « Cette radiographie des sources de la pauvreté haïtienne permettra de mieux chercher des solutions si nous ne souhaitons, après l’être devenu, rester un pays pauvre », fait remarquer Frantz Duval en quatrième de couverture.