84 ans, Eugène Dorestal, est un grand père heureux qui participe au mariage de l’une de ses quatre petites-filles. Beau et chic, « Pè Eugène », boute-en-train, a consacré plus de temps aux hors-d’œuvres qu’aux selfies. « Les photos ! C’est pour les jeunes. Moi, je dois manger avant de mourir », plaisantait-il, entouré de toute sa famille à l’occasion de cet évènement heureux, se souvient l’une de ses petites-filles.
Rien ne laissait présager qu’au moment où le soleil jaunirait l’horizon, le samedi 23 juin, que son sang sera versé, qu’il raterait le temps de dire au revoir aux siens. En entrant chez lui, à la rue Arts Plastiques où il a vécu pendant un demi-siècle, il a été braqué par un de ces bandits qui transforment la vie des habitants des quartiers à l’entrée sud de Port-au-Prince, enfer depuis plusieurs mois maintenant. « Je n’ai rien sur moi. Rien. Même pas un téléphone. J’habite ici », l’a-t-on entendu dire à son bourreau presque sur le pas de sa porte. Les mains vers le ciel, des témoins l’ont entendu dire : « Le sang de Jésus » avant d’être touché en plein tête par une balle qui lui a transpercé un œil.






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.