Haïti ne se relève pas encore des dégâts des émeutes des 6, 7 et 8 juillet derniers. Plus d’un mois après, le gouvernement démissionnaire continue de gérer les affaires courantes et les portes de la plupart des entreprises vandalisées sont encore fermées. Des milliers de pères et de mères de famille ne savent pas encore quand ils vont retourner au boulot. Le plus dur dans tout cela, c’est que la politique continue de se faire comme avant les émeutes. Nos hommes d’affaires continuent de faire du business comme avant. De part et d’autre, les discours sont restés les mêmes. Les échanges sur les réseaux sociaux en donnent une idée.

Pourtant, ceux qui rêvaient en plein jour après les événements pensaient qu’il allait y avoir une prise de conscience. Nous sommes encore loin d’y arriver. Les informations sur les débuts de négociation entre le Premier ministre nommé et les groupes parlementaires le prouvent. Si dans la presse les discours évoquent un gouvernement compétent pour s’attaquer aux problèmes auxquels fait face la population, dans les coulisses c’est la séparation du gâteau. Les mêmes pratiques qui nous ont conduits là où nous sommes aujourd’hui. C’est la preuve que nos hommes politiques, notamment nos parlementaires, n’ont rien appris des émeutes.