Chétif comme un clou, le sobriquet « El mas Flaco » lui va comme un gant. Anderson Gustave aurait tout aussi sa chance dans le mannequinat avec cette silhouette longiligne. Comme à son habitude, ce matin il est vêtu simplement. Avec Flaco, pas de grands airs, pas de chichi. La chemise à rayures et ce jeans qu’il porte lui donnent un air d'adolescent. Un peu nerveux, il fait de son mieux pour que sa timidité ne prenne pas le dessus. Toutefois, la passion qui l’anime quand on parle de photographie, lui met tous les mots à la bouche. Il ne peut plus s’arrêter.

« C’est la photographie qui a fait choix de moi », lance Flaco tout de go. S’il en est là aujourd’hui, c’est parce que son destin était tracé, croit celui qui se préparait plutôt à une carrière d’ingénieur en électromécanique. Bien qu’il soit dans une famille de peintres et d’artistes, le natif du bélier s’est d’abord dirigé vers l’université GOC où il a entamé des études en génie électromécanique. Sauvé de justesse, lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, le collaborateur de Chokarella en sort pourtant traumatisé. Ce jour sombre qui a laissé tant de cicatrices, de tristesses dans le cœur de milliers d’haïtiens n’a pas épargné le jeune homme. Il a perdu à jamais sous les décombres de l’université GOC une dizaine d’amis, sa clique, son gang. Déstabilisé, il ne reprendra plus ses études de génie, il se tourne vers son amour de toujours, la photographie. On n’échappe pas à son destin.