C’est au constat qu’il ne fait pas trop bon vivre dans l’espace public haïtien que le CPAUAC (Collectif pour la promotion des arts urbains et de l’art contemporain) a opté pour le thème de la 3e édition du Festi Graffiti Haïti : réinventer l’espace public. Jean Widler Pierresaint, directeur et initiateur de l’activité, dénonce l’insalubrité qui règne dans nos rues, l’intolérance sur les réseaux sociaux, les médias… « Pour qu’il y ait de la cordialité entre ceux qui fréquentent ces espaces, il faut que ces derniers soient attrayants, agréables », estime-t-il. Pour corroborer ses propos, il cite l’exemple de la France où on a eu à exiger, dans le cadre de chaque projet d’aménagement du territoire, l’allocation d’au moins 1 % du budget à une œuvre artistique ; que ça soit une sculpture, une peinture ou toute création ayant rapport à l’art.
Dans le cadre haïtien, Jean Wilder estime que pour réinventer l’espace public, il ne suffit de faire la guerre à l’insalubrité : il faudrait aussi conjuguer l’expertise des urbanistes et des artistes pour modifier entièrement la configuration. « Il y a urgence à plusieurs niveaux en Haïti. Nos villes font les frais de l’exode rural. On est loin (en plus) de l’intégration de l’art dans le paysage. Il ne suffit pas de pourvoir les rues en feux de signalisation ou en caniveaux, il faut aussi y inclure des fresques, des statues, qui donnent des repères qui sont à la fois utiles et répondent à une esthétique », note-t-il.






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