Turban bariolé, t-shirt à l’effigie d’Erzulie Dantor griffé Loko Design, barbe d’hipster s’il n’en tenait qu’au look, Elder Joseph pourrait, autant que son groupe, se voir dispensé de passer l’audition du pré-Gede fest. Le lead allie bien l’ « ethnique » et le « branché ».

Malheureusement, très vite, la bande va nous déchanter avec sa prestation qui est de qualité mais qui prend la tangente trop vite par rapport au contexte du pré-Gede fest. Cet événement, s’il faut citer les organisateurs, est un examen où des groupes dont Aïzan, Chouk bwa libète… devaient prouver qu’ils sont à même de pouvoir participer du 25 octobre au 3 novembre au Gede Fest qui est un échange culturel entre notre pays et sa sœur jumelle la Louisiane. Donc, les groupes qui y performent, devaient entre autres, prouver leur capacité à se poser en ambassadeur de la culture du terroir. Akoustik, se noyant dans un medley trop disparate, nous a plutôt persuadés qu’ils étaient en train d’exposer de manière ostentatoire l’étendue de leur culture musicale au lieu de se concentrer sur l’idée de la soirée. Quand ils vont piocher dans la musique américaine ou le reggae, ça ne colle pas du tout avec le thème. Ces enjambements d’un genre à l’autre ont certes amusé leur « ban dèyè » qui sont des « milenials » à l’affût de turn-up un jeudi soir, mais doit probablement compliquer leur possibilité d’être qualifiés pour participer au festival qui est au fond plus culturel que divertissant.