On est éducateur toute sa vie. Comme une ritournelle, cette phrase nous taraude même après notre entretien avec Luckner Bright. Bientôt 82 ans, pour ce passionné, il n’y a pas de retraite qui tienne. Au contraire, à chaque innovation, il s’adapte, il apprivoise le temps. La preuve en est bien grande : sur sa table se trouvent une tablette intelligente et un iPhone, qu’il utilise à sa guise. « Je suis toujours à la pointe de la nouveauté. Je regarde le passé et je m’en réjouis pleinement », affirme le fervent catholique. En effet, dans la pièce lui servant de bureau au Collège le Normalien, des images emblématiques, dont Notre-Dame du Perpétuel Secours, veillent constamment sur ce robuste vétéran costaud dans son pantalon crème et sa chemise à rayures bleu et blanc.
Il y a 55 ans, fraîchement sorti du département des sciences de l’éducation de l’École normale de Port-au-Prince, motivé et suscité par l’envie de façonner l’avenir de plusieurs générations de jeunes, Luckner Bright fonde le Collège le Normalien. « À un moment donné, il fallait faire quelque chose. Après les études, on n’avait pas d’autres ouvertures que l’éducation. Avec l’appui des Frères du Sacré-Cœur, j’ai ouvert l’école avec trois classes du primaire. Ce n’était du tout pas facile. On a avancé petit à petit ; on a pris goût, puis on s’est dit qu’on peut faire quelque chose de positif, d’utile à la collectivité », raconte l’originaire du Cap-Haïtien qui aurait pu décrocher également son diplôme d’ingénieur s’il avait poursuivi les cours qu’il suivait par correspondance. « J’étais trop occupé par l’éducation. Emballé, j’ai préféré cette science à tout et je m’y suis consacré totalement », poursuit le juriste.






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.