C’est un très long trajet qu’il nous faut effectuer pour arriver à l’atelier de Sony. Entre le chantier et les dégâts causés par la pluie de la veille, on arrive essoufflé sur le lieu du travail de l’artisan de la journée. Dans cette petite pièce nichée au fond de Cité Militaire, on est accueilli par l’odeur de l’argile fraîche, l’une des principales matières composant le travail de la céramique. Au mur sont accrochés des tableaux réalisés par le sculpteur et son assistant. Sur la table qui occupe une grande partie de la pièce et sur le sol, de nombreuses images faites d’argile sont exposées. Certains sont déjà peints et prêts à la vente, d’autres sont encore au stade de séchage. À seulement quelques jours de l’événement, Sony n’est pas encore prêt ; toutefois, il assure que d’ici là, il aura le temps de tout finaliser.

Maître dans l’art de la céramique, Sony a fait ses débuts dans l’artisanat à l’âge de 17 ans. Animé par l’esprit artistique dès son plus jeune âge, il s’amusait à transformer l’argile. Alors qu’il était encore à l’école classique, il s’inscrit au centre professionnel de Saint-Martin pour se perfectionner dans le domaine qu’il exerçait déjà sur le tas. Assiettes, pots, objets décoratifs et tableaux sont, entre autres, les œuvres qu’il conçoit dans ses deux ateliers. En effet, outre sa petite fabrique dans la capitale, le professeur de lettres possède une autre à Saint-Marc où il initie des jeunes à la céramique. Avec son style propre à lui qui est l’art taïno, le juriste dit se démarquer dans le métier. Sans aucune difficulté, il a mis sur pied sa petite entreprise au fil des ans et s’en sort très bien jusqu’à présent car les matériaux qu’il utilise sont faciles à trouver. « L’argile est une véritable richesse en Haïti. Il y en a toujours, peu importe la saison. On la trouve brute sur tout le territoire national », explique celui qui prend plaisir à exercer son métier.