Boc-Banic est une section de Thomassique, l’une des communes frontalières du département du Centre. L’État y est présent à travers un centre de santé et une école nationale. La construction d’un sous-commissariat est terminée depuis un an, mais les policiers manquent toujours à l’appel. Boc-Banic n’a ni aéroport, ni gare routière, mais c’est là que des dizaines de compatriotes, surtout des jeunes des deux sexes et des mineurs prennent rendez-vous tous les lundis et parfois les vendredis pour se rendre en République dominicaine. Les va-et-vient des motocyclettes dans la section ce lundi de juin y créent l’ambiance d’une fête patronale. C’est pourtant des candidats au voyage clandestin en République dominicaine. Au fur et à mesure que les minutes passent, le nombre augmente. « Non, je n’ai pas de documents légaux pour traverser la frontière, confie Wandes, une jeune femme dans la vingtaine, sous les regards méfiants des autres voyageurs qui ne veulent piper mot. J’ai payé 2 500 pesos à celui qui organise le voyage. »
« C’est ce spectacle que nous observons ici tous les lundis après-midi, raconte le pasteur Jean Elie, notable de Boc-Banic. Ils sont parfois jusqu’à 200 à prendre rendez-vous ici pour se rendre en République dominicaine ». Si du côté haïtien la frontière est libre, du côté dominicain, il y a des soldats qui montent la garde. « Il faut les documents légaux pour aller en République dominicaine », informe le pasteur Jean Elie. Dans le cas des illégaux haïtiens, ils prennent des routes clandestines avec le risque de se faire attaquer par des malfrats.






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