« Quand le ministre Manigat m’a approché il y a quatre ans pour avoir l’autorisation d’utiliser un slogan à moi qui était populaire à l’époque, je ne me suis pas fait prier quand il m’a signifié que c’était dans le cadre d’une campagne d’éducation civique », confie le chanteur BIC, le boss de Tizon Dife. C’est donc dans ce contexte que la campagne d’éducation civique du MENFP a germé. Depuis lors les deux partenaires, d’une année à l’autre, décident en conciliabule du thème. Cette année le thème retenu est donc « Ann kole tèt pou yon lòt Ayiti », pour faire appel à l’unité. C'est Pierre Josué Agénor Cadet, l'actuel titulaire du MENFP, qui l'a proposé. « Cette campagne de sensibilisation à la citoyenneté, informe l’artiste, s’inscrit dans le cadre d’un ensemble d’actions que le MENFP entend mener pour freiner les actes de violence chez les jeunes à travers le pays, particulièrement dans le milieu scolaire. »

Si l’État haïtien s’occupe de la logistique et d’autres volets techniques du projet, il laisse à son partenaire, le label de BIC, la charge de l’accompagnement artistique. En effet, l’une des tâches de la voix de « Mèsi manman », c’est de recruter les autres artistes qui veulent supporter l’édition en question. BélO, par exemple, associé au mouvement depuis le début, explique y être attaché pour la bone ambiance et surtout les retombées constatées. « À mon humble avis, il est de bon ton que l’État intervienne dans la promotion du civisme dans le curriculum haïtien. En tant que père de famille, je me réjouis que mes enfants évoluent dans un pays où l’éducation ne se limite pas à l’apprentissage de la grammaire et des maths », affirme le chanteur.