La coupe afro, une paire de blue jeans troué légèrement délavé, une petite chaîne à la cheville… Mergeline Lochard est visiblement une femme bien dans ses baskets comme on dit. En dépit de son aveu (confirmé ensuite par un de ses collègues au sein de Ami), on a du mal à croire que plus jeune elle était une fille timide, introvertie, une sœur protestante convaincue qui ne jurait que par une rigueur à faire pâlir un prédicateur « Amish ».

Mergeline intègre la compagnie en 2009, elle était encore en classe de philo au Lycée Marie-Jeanne. À l’époque, même si elle a toujours été très jolie, son manque de talent l'a obligée à jouer des rôles que les autres jeunes femmes auraient pu refuser. « Pendant les premiers jours, j’étais comme la petite nouvelle qui avait rejoint la grande école seulement au mois de janvier. Il fallait mettre les bouchés doubles pour se faire une place dans ce carré de grands », témoigne-t-elle le plus sincèrement du monde. Grâce au soutien de Patrice, le metteur en scène qui l’a pris sous ses ailes très rapidement, Mergeline a réussi à trouver sa patte. Sa progression repose aussi sur sa volonté de se surpasser. « Je savais que je n’étais pas très bonne, j’ai donc dû multiplier les efforts. J’étais très à l’écoute des conseils », raconte-t-elle. À la longue, la comédienne fait sienne un slogan dont elle attribue la paternité à Patrice : il faut 10 % de talent et 90 % de travaux intenses.