Haïti mérite-t-il ce qui lui arrive ? A situations habituellement infernales, dénouements possiblement sans issue heureuse. Voilà des décennies que nos tuteurs et donneurs de leçons étrangers – je veux dire blancs – martèlent que la démocratie libérale (représentative) qui a tôt fait chez nous de tourner au cauchemar est pourvoyeuse de paix, de progrès collectif et d’inclusion sociale. Quel mirage ! Regardez les faits. Aujourd’hui encore, l’hypothèse est peu encourageante, lorsqu’on a des groupes d’intérêts et des forces politiques qui s’entredéchirent férocement pour le pouvoir et la conservation des situations de rente. La principale crise est cette instabilité politique permanente, inhérente au système politique en place (un exécutif bicéphale en compétition et un Parlement dispendieux et conflictuel par essence), quasiment ‘‘couvert’’ par l’inefficacité flagrante de l’appareil judiciaire. Et alors ?
Et voilà des décennies que les adversaires du système démocratique fondé essentiellement sur l’alternance et le parlementarisme rétorquent que le pays, terrorisé par des criseurs, n’est pas prêt pour le libre exercice des droits politiques et civiques et que rien ne vaut le cadre d’un régime autoritaire et progressiste à l’exemple du Rwanda pour assurer à la nation tout entière la sécurité maximale et la pleine jouissance des biens de ses citoyens. Et nous entendons bien l’argument qui dit qu’il faut, en fin de compte, un présidentialisme fort pour rétablir l’autorité de l’Etat et combattre l’extrême pauvreté en mettant fin au règne des bandits et des contrebandiers. La vérité est qu’il y a quelque chose d’extraordinairement exaltant dans la fin, mais pas forcément dans les moyens. Les deux systèmes offrent des avantages différents, à n’en pas douter.






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