Une cohorte d’amateurs d’art, de bons vivants et de curieux ont répondu, les 23 et 24 mars, à l’appel de Mario Benjamin qui expose à la Galerie Monnin jusqu’au 13 avril 2019. La collection sans nom s’inscrit grâce à son jeu de paradoxe dans la continuité de ses précédents ouvrages. 16 tableaux au total s’agrippent aux cimaises de la Galerie Monnin du 23 mars au 13 avril 2019.

D’emblée un jeu de paradoxe est perceptible d’un tableau à l’autre. Dans certains, les couleurs vives prédominent tout en laissant une certaine marge au sombre. Dans d’autres, on constate c’est l’inverse. Dans une poignée, couleurs vives et sombres se répartissent presqu’à égalité sur la toile. « Je n’ai pas travaillé sur un thème, dit-il. Comme d’habitude dans ma carrière il est question pour moi de laisser s’exprimer des idées que je n’arrive pas à décrire moi-même. » Les connaisseurs de l’artiste accusant d’une relative longévité et d’une grande notoriété internationale noteront son attrait pour l’orange, le bleu et leurs dérivés. « Ce sont des couleurs qui s’entrechoquent le mieux sur une toile », confie-t-il au passage. Dans quelques-uns des tableaux, on remarque des feuilles de banane, du fruit de l’arbre véritable… Une floraison que l’artiste ne souhaite pas mettre sous le compte du symbole. « Comme je dis toujours, mon travail c’est de peindre et non pas de proposer des pistes à quiconque qui voudrait appréhender la composition d’un tableau. Je laisse donc libre cours à l’interprétation des autres », lance-t-il. Mario confie par ailleurs avoir fait usage de bombe à graffiti dans cette collection comme depuis 5 ou 6 ans. Cette pratique dont on associe la paternité à Basquiat, Warhol s’avère, selon ses mots, être la meilleure stratégie pour occasionner cet accident, cet effet d’imprévisible, de non-calculé qu’il recherche. L’illustre peintre confie avoir consacré une douzaine de mois tout au moins dans le chantier de cette collection anonyme. Mario Benjamin, qui revient d’une exposition collective en Chine, se sédentarise jusqu’au 13 avril à Galerie Monnin avant de s’envoler probablement pour New York pour d’autres aventures.