Quinze compatriotes ont péri en mer au large des îles Turks and Caicos. «Leur navire a coulé dans un endroit infesté de requins», a rapporté le Miami Herald, dimanche 31 mars 2019. Quatorze survivants ont pu être secourus. Lundi matin, la nouvelle a fait la une de plusieurs matinales, mais le président Jovenel Moïse, occupé à des discussions politiques pour former un nouveau gouvernement, ne s’est pas donné la peine de faire le moindre tweet. Il n’y a pas un mot de sympathie de la présidence, encore moins une note pour décourager les aventures périlleuses en haute mer à bord de frêles esquifs.

L’indifférence du président interpelle autant que le rapprochement de l’intervalle de ces drames survenus en mer. En février dernier, il y a tout juste un mois, les autorités bahamiennes  avaient récupéré les cadavres de 28 Haïtiens après le naufrage de leur embarcation. Il y avait aussi des rescapés. Beaucoup de candidats à l’exode vers des cieux plus cléments savent qu’ils peuvent mourir. Pour eux, il vaut mieux mourir en essayant de trouver une vie meilleure que de traîner sa carcasse en Haïti où les horizons sont bouchés.