Qui, entre le piéton qui vient de visiter les lieux et l’employé en voiture qui tente de regagner son espace de travail après la pause de midi, doit faire preuve de modestie et laisser passer l’autre pour éviter le pire au milieu de cette étendue d’eau boueuse ? La scène se déroule au Parlement haïtien, précisément dans le parking des sénateurs de la République. Ici, le soleil de midi, qui fait évaporer les mares d’eau laissées par la pluie de la veille, n’a pas grand effet : Les flaques d’eau du Sénat, se mélangeant avec l’urine des employés et des visiteurs, constamment contraints de chercher un petit coin, à cause du manque d’installation ou de maintenance de l’existant, entre le liquide noirâtre des mécaniciens qui improvisent un garage comme un « belle-entrée » pour les sénateurs, ont la vie dure. L’odeur d’ammoniaque de l’urine dérange, certes, mais pas l’odorat des responsables qui franchissent les mares d’eau en toute allure dans des véhicules neufs dont les climatiseurs ne font pas défaut en obligeant à baisser les vitres.

En effet, le sol du bord de mer qui n’est pas tout à fait stable et son manque de capacité d’absorber l’eau jouent un mauvais tour à tous ceux qui fréquentent le Parlement en temps de pluie. Cette situation s’aggrave encore quand les grosses cylindrées des sénateurs et les cochons qui pullulent dans l’espace se joignent pour donner de la profondeur à ces mares boueuses.