« Ou wè sa k brakaj la ? Paske mwen, m chèche l jistan fim nan fini m pa wè l », me demande à la fin du film une jeune dame, sa fillette sur les bras. Contrairement aux autres qui ont dû squatter le sol ou rester debout comme un arbre pendant tout le déroulement du long-métrage, cette locataire de Santo a eu la chance de se déplacer assez tôt et se trouver une bonne place avec sa fille et sa nièce dans un Parc historique de la Canne à sucre plein à craquer. « Braquages en série », hormis la machine publicitaire qui a été mise en branle pour la grande première le 17 avril dernier, comblait un vide. Le dernier-né du journaliste Valéry Numa mettait fin à la routine dans un pays où les salles de cinéma existent dans un passé lointain. Très lointain.

En ce mercredi soir, Port-au-Prince dans toute ses composantes s’est donc donné rendez-vous à Tabarre. Des hommes politiques aux personnalités de la vie culturelle, en passant par le citoyen lambda, Valéry Numa, perché sur plus de 20 ans de carrière dans la presse, a su convoquer et rassembler tout le monde. L’homme « Vision 2000 à l’écoute » et son équipe ont improvisé une salle de cinéma. Sous les étoiles. À l’instar de cette grande foule ayant fait le déplacement, le message était donc tangible : « Et si c’était vrai ? ». Si en 90 minutes environ, on se retrouvait à Impérial, au Capitol, au Triomphe... grâce à « Braquages en série ».