À chaque fête du Drapeau, le même refrain : dialogue national.  Une fois la cérémonie de célébration de la fête du Drapeau terminée, nous reprenons nos querelles de chapelle qui nous empêchent d’avancer depuis l’assassinat du père de la nation, Jean-Jacques Dessalines, en 1806. Comme ses prédécesseurs, Jovenel Moïse a appelé au dialogue à l’occasion du 18 mai. La question reste cependant pendante : qui lancera le dialogue ? Le président Jovenel Moïse, garant de la bonne marche des institutions, selon la Constitution, est la personnalité idéale pour lancer le processus.

Il est cependant clair que le président de la République ne se montre pas jusqu’ici à la hauteur de cette responsabilité. Il est peut-être le président qui est allé plus loin dans la tentative de lancer le dialogue national. Il a créé des commissions de dialogue national. Celle qui devait réaliser les états généraux de la nation était dotée de personnel, de local et de budget. Pour quels résultats ? Des documents qui resteront sans doute dans les tiroirs. Suite à la semaine de paralysie du pays en novembre dernier, le processus de dialogue avait été confié à l’ex-Premier ministre Jean-Henry Céant. Celui-ci avait bien tenté, mais son dialogue avait fini par le mettre dos à dos avec le président Jovenel Moïse. Une commission de dialogue a été créée après le mouvement « Peyi lòk ». Pas étonnant que le chef de l’État oublie s’il l’avait formée. Ce qui n’étonnera personne dans la mesure où on savait que c’était une initiative mort-née.