A la nouvelle des banques commerciales qui décident de réduire le spread de deux à moins d’une gourde sur le taux de change pour tenter dans un dernier geste de sauver les meubles entre la gourde et le dollar américain, le client demeure perplexe. Outre l'insécurité ambiante qui anime toutes les conversations de la république, le sujet est partout. Triste sort de la monnaie nationale. Une gourde qui perd de jour en jour de la valeur au point qu'on l’appelle « zòrèy bourik ». Désormais, chacun dans sa sphère attend le jour où un dollar américain s’échangera contre 100 gourdes. C’est la prochaine étape imminente. La prochaine barre psychologique à atteindre. Les plus pessimistes pensent déjà que ce niveau fatidique sera atteint dès le début du mois de juin 2019. Pour l’instant nous sommes près du taux moyen d’acquisition de 92 gourdes durant ce week-end pour un dollar. Combien de temps ça va durer encore?
Si les fondamentaux des sciences économiques semblent justifier l’état lamentable de la nation qui ne produit pas grand-chose, des observateurs vous diront que rien n’est fait en réalité pour contrer les dérives et les causes structurelles de la hausse fulgurante du taux de change. Dorénavant, l’insécurité règne en maitre dans un pays où les responsables prétendent vouloir remettre Haïti sur la carte touristique mondiale. Les actes de banditisme ne se comptent plus dans la zone métropolitaine ni dans tout le pays d’ailleurs. On enregistre sans cesse des exécutions sommaires, des viols, des attaques à l’arme blanche, à mains armées, des enlèvements. Les attaques des gangs armés se multiplient au nez et à la barbe des ministres, des directeurs généraux, des parlementaires, et qui sais-je encore.




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