Haïti est sur le qui-vive, Port-au-Prince encore. Les activités ont été fortement troublées dans certaines zones de la capitale ce vendredi. À la mi-journée, ceux qui circulaient dans l’aire du Champ de Mars ont connu toutes les peines du monde. À 48 heures de la grande mobilisation pour exiger la tenue du procès PetroCaribe et la démission du président Jovenel Moïse, des jeunes impatients donnaient une démonstration au Champ-de-Mars. La police ne les en a pas empêchés. Pris de panique, piétons, taxis-motos, automobilistes se croisaient, créant ainsi un embouteillage sans nom. Entre-temps, ceux qui ont les moyens, une très faible partie de la population, vidait les supermarchés et faisaient le plein dans les stations-service. Par précaution.

C’est dans cette grande inquiétude que Port-au-Prince et le reste du pays attendent la mobilisation anti-Jovenel de dimanche prochain. Ce n’est pas la manifestation de dimanche qui inquiète le plus, mais ce qui s'ensuivra. Surtout qu’il y a une grande cacophonie dans l’appel à la mobilisation. Certains parlent de marche pacifique, d’autres d’un mouvement radical qui doit aboutir à la démission du chef de l’État soupçonné, dans le 2e rapport de la Cour des Comptes, d’implication jusqu’au cou dans la dilapidation du fonds PetroCaribe.