On reproche trop souvent à l’opposition d’être divisée et de vouloir accaparer le pouvoir sans plan. Cette fois-ci, il y a un plan sur la table. Est-il réaliste ? Chacun peut tirer sa conclusion. Quels secteurs l’ont validé ? On ne sait pas encore. Ce qu’on sait du moins pour l’instant, c'est qu'il y a un plan pour l’après Jovenel Moïse. On doit ajouter au cas où il démissionnerait avant le terme de son mandat.

Avoir un plan qui donne une image d’unité à l’opposition plurielle est une chose, trouver la meilleure stratégie pour faire démissionner le président Jovenel Moïse en vue de le mettre en application en est une autre. Avec ce plan, on sait qu’il n’y aura pas de vide si Jovenel Moïse démissionne. On peut cependant avoir des doutes légitimes sur la stratégie dont dispose l’opposition pour faire accepter son plan par presque tous les groupes sociaux. On se rappelle ce qui s’était passé après la démission du président Jean Bertrand Aristide en 2004. Les Haïtiens n’avaient pas les mains libres pour décider de la suite. Le même scénario s’était produit à la fin du mandat de l’ancien président Michel Martelly. L’opposition et ses alliés doivent se le rappeler.