Makendy Smith est de ces personnes qui n’aiment pas se faire remarquer. Arborant une tenue des plus simples, il arrive dans nos locaux pour son interview vers 1 h de l'après-midi. Avec son calme naturel, l’artisan s’excuse pour son léger retard dans un sourire gracieux. Plutôt svelte, l’ancien élève du Lycée Toussaint Louverture ne fait pas ses 36 ans. Pourtant il a fait bien des choses pour son âge. Un trentenaire qui traîne un palmarès comblé de primes, un parcours inspirant et une marque.

L’histoire de Monsieur Mak Pa Nou avec le macramé remonte à loin. Le fils de la capitale a conçu lui-même ses premières sandales alors qu’il n’avait que dix ans avec les vieilles semelles usées de son père. Il n'était pas un fils de cordonnier, il n’avait jamais eu à le faire avant, mais un beau matin, il se trouva du fil, une aiguille et des semelles bonnes à jeter et le tour était joué. Deux décennies plus tard, il aura sa propre marque connu de tous. “C'était juste pour me rebeller. J’avais assez de recevoir une raclée pour de nouvelles paires de sandales parce que je détruisais au bout de quelques semaines celles que l’on m'achetait en jouant au foot. J’ai donc pris la décision de traficoter mes propres sandales”, raconte le père de famille qui n’avait plus lâché son aiguille depuis lors.