Les autorités n’ont pas réussi à faire baisser le niveau de violence dans le pays. La période de janvier à mars 2019 est marquée par le renforcement de l’emprise des gangs armés qui défient la police et la justice dans certains quartiers populaires. Le pays a connu deux semaines de mouvements de revendications entachés de violence. Cette violence en constante évolution reflète les chiffres présentés par la CE-JILAP : 100 personnes tuées par balle, 4 par arme blanche, 10 dans des accidents de la circulation, 1 suicide et 6 autres cas de mort dont les causes sont inconnues. Au cours des manifestations du 7 au 18 février 2019, la commission a enregistré une vingtaine de morts et une trentaine de blessés.

Pour le premier trimestre de l’année 2019, la situation de violence dans la zone métropolitaine n’est pas différente de celle de l’année 2018. Les riverains des quartiers populaires sont victimes d’atrocités des différents chefs de gangs qui opèrent en toute impunité. Ils ont pour seul objectif de soutirer de l'argent à la population à tout prix. « Et la classe politique et la classe des affaires les utilisent pour régler leurs propres intérêts », dénonce la CE-JILAP. En l’absence de toute enquête de police ayant abouti à l’arrestation de ces malfrats, « le nombre de personnes tuées par balle dans les rues de Port-au-Prince augmente quotidiennement. »