Jeudi 18 juillet 2019. À l’hôtel El Rancho, tout est déjà fin prêt pour la grande finale de Miss Haiti. Le tapis rouge étalé dans le hall sur lequel hommes et femmes (sapés comme jamais) défilent présage d’une soirée chic et choc. Dans la cour de l’établissement aménagée pour l’occasion, avec les tubes d’antan faisant gronder les haut-parleurs, cela se joue un peu à l’ancienne. Emeline Michel roucoule dans « Flanm » avant de céder sa place à Jacqueline Denis pour « Ankò ankò ». Ces morceaux, entre autres, égrénés par le dj auront le mérite d’avoir aidé ce beau monde à poireauter pendant deux heures et 12 minutes. Pour une soirée prévue pour 19 heures, on a encore donné raison au fameux « Ayisyen pa janm fè anyen a lè ». Prévoir l’événement à 21 heures aurait été suffisant. Amplement.

La voix de Stanley Figaro brise enfin l’impatience. Du backstage, il scande un « Madame, monsieur, bienvenue à la grande finale de Miss Haïti 2019 », le temps que les élues du jour prennent place sur un stage plongé dans le noir. Et, en l’espace d’un cillement, les lumières s’allument sur les postulantes qui brillent de mille feux dans un costume scintillant. Sourire figé sur les lèvres, les cheveux « straight » au vent, elles exécutent une chorégraphie de quelques minutes sur les airs de « Rhythm of the night » sous les applaudissements du public. Sous les directives des deux MC de la soirée, elles sont peu après invitées à se présenter, puis à quitter la scène avant d’y revenir pour le traditionnel défilé en bikini et celui en robe de soirée. Le temps pour des artistes comme Baby Joe, Fritzoe du groupe Next Level, J3 de combler ce vide dans l’interprétation de deux morceaux ou, comme Atys Panch et Cantave K., de glisser quelques vannes pas toujours intéressantes... Pour un public que les prestations laissent pratiquement de marbre. Les spectateurs n’ont d’yeux que pour les Miss on dirait. À l’exception de la prestation de P-Jay et de Rayyy Raymond qui soulève beaucoup plus de réactions.