Même si on insiste sur les déclarations du secrétaire général de l’ONU sur le massacre de La Saline dans son dernier rapport sur Haïti, il y a d’autres points qui doivent retenir l’attention, notamment l’insécurité alimentaire. Selon le rapport, le nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire entre mars et juin 2019 est estimé à environ 2,6 millions, dont 2 millions en situation de crise (phase 3) et 571 000 en situation d’urgence (phase 4), selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire.

Toujours selon le rapport, en février 2019, le prix du panier de la ménagère avait augmenté de 11 %, portant à 26 % l’augmentation sur les 12 mois précédents. Selon le Système d’alerte rapide aux risques de famine et l’Institut haïtien de statistique et d’informatique, les prix des denrées alimentaires locales comme les plantains, le manioc et le fruit à pain, ont augmenté de l’ordre de 41 %. Par ailleurs, la dépréciation de la gourde a entraîné une pression inflationniste sur les prix des aliments de base comme le riz et l’huile de cuisson, qui sont pour la plupart importés. Le ralentissement de la production agricole devrait contribuer à aggraver l’insécurité limentaire, dans la mesure où le secteur agricole reste la principale source de revenus de la majorité des ménages haïtiens.