La dépendance du pouvoir judiciaire par rapport à l’exécutif et au pouvoir législatif est connue de tous. Contrairement à ce que proclame la Constitution de 1987, l’indépendance du pouvoir judiciaire est un vœu pieux. La création du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire est loin d’affranchir la justice des griffes de la politique. Pourtant, c’est cette justice qui est appelée à faire la lumière sur plusieurs scandales ou crimes financiers qui occupent l’actualité, notamment la dilapidation du fonds PetroCaribe et le massacre de La Saline dans lesquels sont impliqués jusqu’au cou des hommes politiques.

Dans le cadre du dossier PetroCaribe, il y a eu des convocations au cabinet d’instruction des anciens gestionnaires du fonds PetroCaribe, dont des anciens ministres. Combien d’entre eux ont-ils répondu à la convocation du juge d’instruction ? Comme l’instruction est secrète, aucun journaliste n’a osé poser la question au juge, mais on a vu sur les réseaux sociaux  que certaines des personnalités ont écrit au juge pour lui demander de reporter l’audience. Ce n’est pas jusqu’ici un problème. Le noeud gordien, c'est que la justice haïtienne, dans les conditions actuelles, peut-elle réaliser un procès PetroCaribe juste et équitable ?