Des gallons jaunes en plein combat, des animaux déçus réclamant une meilleure utilisation de leurs noms attribués à des politiciens véreux... Ces deux dessins satiriques égayent les murailles de la rue Baussan. Derrière eux, un jeune graffeur qui garde les pieds au coeur de l'actualité du pays, traduite notamment par une rareté endémique de carburant et une lutte acharnée dans les stations à essence. Tchooko, de son vrai nom Patrick Edouarzin, est ce mordu des graffitis qui croit fermement que cet art peut être porteur de messages. « Un message fort », dit-il.

Entre 2013 et 2014, c'est au cours de cette période que ce natif de Delmas a fait ses premiers pas dans le domaine. A « Pòs Machan », il a illuminé le corridor Icare, quartier général de « Rezistans », cet ancien groupe de rap kreyòl. D'où le début d'une belle aventure pour ce caricaturiste qui considère les graffitis comme un « prolongement » du genre caricatural. Son autre dada. « À l'instar des caricatures qui sont ancrées dans l'actualité, les graffitis sont également un outil d'expression. Les murs représentent le support papier tandis que les sprays sont comparables aux crayons », explique-t-il.