« Dans la nuit du 16 au 17 décembre 1990, Radio France International apprend aux membres du CEP et au peuple haïtien que ‘’Titid le prophète’’ vient de gagner l’élection présidentielle par une majorité de 67% des votes exprimés », écrit le professeur Pierre Étienne dans son ouvrage « Haïti : la drôle guerre électorale 1987-2017». Sans effectuer le décompte des bulletins de vote, révèle l’auteur, le CEP consacre le plébiscite de Jean-Bertrand Aristide.
Les premières interrogations ont commencé au lendemain de la proclamation de la victoire du prêtre de St-Jean Bosco à la présidentielle du 16 décembre 1990. Le discours d’investiture de Jean-Bertrand Aristide le 7 février 1991 est loin de rassurer les sceptiques. Le chef de l’État a annoncé la mise à la retraite des membres de l’état-major de l’armée à l’exception du général Hérard Abraham. «… Cet acte constitue une erreur politique monumentale », juge le professeur Étienne. Le nouveau chef d’État menaçait aussi la bourgeoisie. « Ce secteur, politiquement et économiquement puissant, verra dans le pouvoir Lavalas un danger pour ses intérêts en tant que classe dominante », précise le politologue. Ce qui entraîne le renforcement des liens traditionnels entre l’armée et la bourgeoisie.






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