Le vendredi 11 octobre, le président de l’Association des artistes de Pétion-Ville, Louis Saurel, est terrassé par une nouvelle. Il n’est pas sur place. Comme tout le monde, au temps de peyi lòk, il reste chez lui, l’oreille collée à son récepteur de radio. « Je faisais des nouvelles aux environs de 2 heures ou 3 heures sur une station de radio. J’ai entendu qu’à la rue Pinchinat et à la rue Lamarre, on mettait le feu dans le commerce des marchands d’œuvres d’art. J’ai couru en toute hâte. Arrivé sur les lieux, j’ai constaté que beaucoup de mes marchandises ont été brûlées. C’est le résultat de la colère des manifestants », déplore Saurel. Il est victime comme beaucoup d’autres marchands qui se sont installés sur le trottoir depuis plusieurs décennies. Il se remet en route malgré les dommages subis. Ses peintures sont exposées le long des murs et ses objets artisanaux placés sur des tables ou à même le trottoir.
Ce n’est pas la première fois que ce marchand à la fois peintre est frappé par les affres des tourments. L’adversité l’a rendu résilient. « Le 7 décembre 2010, les manifestants ont brûlé nos tableaux après l’annonce des résultats des élections. On a perdu au moins trois millions de gourdes de marchandises », estime-t-il.






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