Le pouvoir judiciaire est visiblement l’une des principales victimes de la crise politique que traverse le pays. Avant même cet épisode de turbulences qui dure depuis deux mois, la justice, surtout à Port-au-Prince, a eu toutes les peines du monde à fonctionner. Au Bicentenaire où est logé le Palais de justice, les bandits armés compliquaient le travail de la justice. Avec la crise, des organisations de juges ont annoncé la fermeture officielle des tribunaux quand elles ont invité leurs membres à rester chez eux en attendant que leur sécurité soit garantie. Avant même cette décision, les autorités judiciaires avaient dû annuler la cérémonie d’ouverture des tribunaux de l’année judiciaire à cause de la crise politique.

Avant la crise politique et le contrôle du Bicentenaire par les gangs armés, la justice était incapable de faire son travail. À la base, des problèmes d’ordre structurel, notamment celui de la vassalisation du pouvoir judiciaire par les pouvoirs législatif et exécutif. Pour certains, la crise actuelle aurait pu être évitée si la justice était capable de dire le mot du droit dans nos conflits. Les détracteurs du président Jovenel Moïse lui reprochent de ne rien tenter pour faire avancer le dossier PetroCaribe. On l'accuse aussi d'avoir commandité le massacre de La Saline et de protéger les auteurs présumés dudit massacre. Même si la justice se saisit de ces dossiers, l’opinion publique prédit déjà une parodie de justice dans l’un ou l’autre cas.