Le prénom Rachel ne lui a pas été attribué par hasard ou pour faire « joli ». Les parents ont dû se dire "donnons-lui un prénom biblique pour qu’elle soit une femme de foi et de persévérance". Et oui, madame est une femme de vertu. La belle, après avoir bouclé 4 ans d'études à la Facultédes sciences humaines, a accepté un poste de secrétaire dans une entreprise. « Il fallait vivre et il n’est pas question pour moi de me pervertir de quelque façon que ce soit. En plus je devais prendre soin de ma famille qui a tellement investi dans mon éducation », explique la servante du Seigneur. Elle intégrera la TNH d’abord comme secrétaire pour ensuite être reléguée à la salle des nouvelles. « Quand le directeur de l’époque est tombé sur mon CV il a demandé pourquoi on engage quelqu’un qui a passé 4 ans à la Fasch à un poste de secrétaire alors qu’il y a un poste à pourvoir à la salle des nouvelles », se rappelle la journaliste qui est grande sœur de la chanteuse Chantale Saint-Fort.

Du concours du Jeune journaliste haïtien, Rachel n’en savait rien. De plus, à ce jour elle n’a jamais participé à aucun concours que celui d’entrée à l’IFH. Un ami à qui elle a donné des conseils pour un travail lui enverra le lien vers les conditions de participation en reconnaissance à son aide. Elle se lance. Le chemin est tortueux pour elle. Elle est stressée à l’idée de ne pas réussir. Elle bénéficiera entre autres du soutien de Serginho Lindor, le directeur de l’information de la station, ainsi que son adjoint Jean-Wickens Meroné qui sont à l’époque très occupés pendant trois jours de formation à l’intention du personnel. « J’ai bénéficié quand même de quelques instants de tête à tête avec eux. Je me suis fait aider aussi par une monteuse du nom de Nadège Sanon », confie la gagnante. D’autres collègues lui ont apporté leur soutien également.