Elles sont au moins une trentaine de photographies. Des portraits d’hommes et de femmes pour la plupart. Tous du quatrième âge. Dans chaque trait de leur visage fermé se lit un pan de l’histoire haïtienne qu'on évoque trop rarement ou par hasard. Dans chacun de leurs regards figés et perdus dans le vide se découvrent des jours sombres. Des souvenirs amers. Mais surtout la cruauté du dictateur Rafael Leonidas Trujillo, massacrant plus d’une dizaine de milliers d’Haïtiens en territoire voisin dans la nuit du 2 octobre 1937.
Plus qu’une exposition de photos, « L’oubli pour mensonge » est un rappel. Un outil de documentation qui sied bien à l’essence de la Semaine du documentaire. Une tragédie et une hostilité dans les relations haïtiano-dominicaines. « Cette exposition m’a été proposée par l’association LeKit. Bien que ce travail soit encore en cours de réalisation, j’ai trouvé que c’était une opportunité pour moi de proposer au public un point de vue photographique et documentaire sur un fait historique très peu connu ou mal connu des Haïtiens », explique Pierre Michel Jean.






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