12h 30, jeudi 19 décembre 2019. La Noël est dans six jours.  À l’entrée sud de Port-au-Prince, c’est un jour comme un autre. La 1re avenue Bolosse, au pied du morne L’hôpital, est quasi vide. Aucun véhicule n’est en vue. Il y a encore des voies que l’on n’emprunte pas, des frontières invisibles mais bien réelles imposées par des gangs armés, la peur d'une mauvaise rencontre avec une balle perdue. C’est comme ça.

Pourtant, à quelques dizaines de mètres en contrebas, à l’intersection de la rue Alerte et la grand-rue (Boulevard Jean-Jacques Dessalines), le contraste est saisissant. C’est la cohue, un tintouin infernal et un bouchon rendu encore plus pénible par les maladresses et les indisciplines des conducteurs de poids lourds et des vieux autobus scolaires, les fameux « bis jòn » importés des États-Unis d’Amérique, à leur fin de vie utile en pays régulés.