Ce 28 décembre 2019, au Villate, la compagnie de danse Xpression, de concert avec l'association Tamise, présente "Ayiti Cheri", un spectacle à trois composantes. Une reprise de ses oeuvres « Parfum de femme » et « Tambour tabou » et une prestation du plus grand ténor de la chanson engagée, le sérénissime James Germain. Une bonne idée, selon la danseuse pour s’introduire en 2020.

Le moindre acte posé par Linda François semble procéder d’une quête, d’un sens, d’une logique. Xpression surgit comme une suite logique de ce qu’elle faisait au sein de Artcho, où elle a évolué longuement. Sa compagnie n’avait pas encore de nom que la danseuse a conçu son premier spectacle « Parfum de femme ». Il s’agit une exploration du féminin sacré au travers de ses multiples attributs. Le spectacle, c’était en fait son inspiration mise en danse avec la complicité de plusieurs sœurs du métier. Il a été représenté en mars et en mai de 2017. La compagnie, elle, officiellement, est lancée au mois d’août de la même année. "Parfum de femme" devait être reprise dans le cadre de l’édition 2019 du Festival Nègès Mawon. Mais, on le sait, la crise du peyi lòk » a obligé aux organisatrices de reporter cette édition-là. Linda a longtemps ruminé l’idée de la reprendre, mais jamais l’occasion ne s’était présentée. Entre-temps elle avait conçu une autre œuvre qui n’est pas moins bien ficelée que la précédente. Il s’agit de "Tanbou Tabou". « J’ai voulu en tant que danseuse, en tant qu’Haïtienne questionner la symbolique de cet instrument qui nous interpelle de manière singulière, nous autres Haïtiens », précise t-elle. L'artiste en a fait une représentation en 2018 dans le cadre du Gede Fest. Elle a exécuté un extrait à l’IFH dans le cadre du deuxième temps du festival Rencontres des Musiques du monde. C’est à l’issue de cette représentation que la chorégraphe a pensé à monter un spectacle de fin d’année. « J’étais touchée par l’affluence mais aussi par la chaleur du public. Quand les gens viennent en si grand nombre et te communiquent autant d’énergie, tu te dis en tant qu’artiste, tu leur dois quelque chose en retour », explique Linda François.