Revoir le fourmillement d’élèves en uniforme dans nos rues est quelque chose que personne ne pouvait imaginer il y a quelques semaines. Cela est possible cette semaine sans qu’aucune solution n'ait été trouvée aux problèmes ayant provoqué la paralysie de toutes les activités à travers le pays durant trois mois. Comme par magie, les routes sont débloquées, les manifestations ont cessé, le président Jovenel Moïse recommence à circuler à travers le pays. Des irréductibles d’hier deviennent tout à coup des apôtres du dialogue. Il est encore prouvé que tout est possible dans notre singulier petit pays. Les activités ont repris comme si rien ne s’était jamais passé.

Derrière la reprise des activités après les trois mois de paralysie se cache une facture salée. Un nombre important de personnes se retrouve au chômage, des petites et moyennes entreprises sont fermées définitivement, des familles – ayant perdu confiance dans le futur du pays – prennent le chemin de l'exil. On retient aussi ces élèves, devenus orphelins, ceux qui n’ont plus les moyens de retourner à l’école, ces femmes devenues veuves qui vont devoir élever seules leurs enfants. Ces hommes qui ont tout perdu.