Les images sont choquantes. Celles des écoliers en uniforme morts dans des accidents de la circulation ou par balle cette semaine. À Pétion-Ville, c’est un camion qui a fini sa course dans la clôture d’une école privée causant un mort et des blessés parmi les élèves. À Lascahobas, dans le Plateau central, un véhicule a percuté une motocyclette, arrachant la vie à deux élèves. Dans la commune de Croix-des-Bouquets, ce sont des bandits qui ont criblé de balles un ancien policier ainsi que sa fille de 13 ans qui revenait de l’école. Une adolescente, en uniforme, gît dans son sang à côté du cadavre de son papa. De la terreur à l'œil nu.

Ces écoliers tués cette semaine doivent être ajoutés au bilan de ceux qui sont chargés de nous protéger. Pour les autorités, un accident reste un accident. Chez nous, les accidents sont souvent les résultats de l’insouciance et de l’irresponsabilité de ceux qui sont payés pour nous servir et nous protéger. Le camion qui a ravi la vie à un élève après avoir fini sa course dans la clôture d’une école à Pétion-Ville mercredi dernier aurait dû être dans son parking au moment de l’accident. Les poids lourds ne sont autorisés à circuler qu'à partir de 9 heures après la rentrée des classes. Le maire de Pétion-Ville, Dominique Saint-Rock, se plaignait, dans les médias, après l’accident, que d’autres autorités ont boycotté des mesures qu’il avait adoptées pour protéger la population. Pourtant, ce dernier est chargé de la gestion de la commune.