C’est en 2006 que l’illustre Kapi (Yvon André) du groupe Tabou Combo a trouvé l’inspiration d’un album concept « The Afro-Caribbean Project ». L’homme confie avoir été marqué par un projet d’envergure dans sa jeunesse. Il s’agit du Buena Vista Social Club. Pour la gouverne des plus jeunes, c’est la reconstitution par un Américain d’un groupe de Cubains devenus très vieux (entre 84 et 92 ans) longtemps après qu’ils eurent marqué la musique de leur empreinte durant leur vingtaine. Kapi a voulu repiquer ce modèle dans le contexte haïtien. « Pour moi, la musique haïtienne d’aujourd’hui doit beaucoup à des gens comme Raoul Guillaume, Dodof Legros, Guy Durosier, Lumane Casimir, Ti Roro…C’est crucial de les honorer, même s’ils ne sont plus vivants. L’une des meilleures façons de le faire c’est de contribuer à pérenniser leurs œuvres », explique-t-il.

Dans l’ensemble de ses albums, il invite des jeunes artiste de la diaspora qui se fondent dans la culture américaine à le retrouver dans sa tâche de donner du sang neuf à des classiques du répertoire haïtien. Sur un des opus, Kapi avait confié à une Haïtiano-Américaine le travail de reprendre un texte de Lumane Casimir, un exercice qu’elle a adoré et a réalisé avec brio selon les témoignages.