Alors que Jacmel déployait ses masques et ses chars à la 28e édition de son carnaval, Port-au-Prince, qui arrive à la dernière ligne droite pour ses jours gras, rassemblait, le dimanche 16 février, ses bambocheurs sur le béton. Le fleuve humain coulait à l’avenue John Brown pour se jeter au Champ de Mars.
Avant que la force de frappe de décibels des dj venant de l’avenue John Brown au niveau de Lalue ne vienne étouffer la musique des bandes à pied, les festivaliers, comme à l’accoutumée, dansaient au rythme des percussions. Grap Plezi One The move, qui fête ses quarante-cinq ans, mettait de l’animation sur le parcours. On retrouvait les mêmes structures caractérisant les bandes à pied : tambours, caisses-claires, cuivres quelques percussions de fabrication artisanale des fans pour accompagner les groupes. Tout concourait à créer l’ambiance musicale : la voix, les mains, les pieds portent le rythme. On traîne des pieds, on court derrière la bande chauffée à blanc. Le corps en sueur, l’alcool dans la tête, une meringue sur les lèvres, c’est ainsi que s’exprime de manière débridée la tradition qui, cette année, affiche le slogan du ministère de la Culture : « An n pote kole pou Ayiti dekole ».





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