Il y avait du monde dans la cour du Karibe ce 4 mars à remplir probablement 3 ou 4 fois la salle. Arnold Antonin, conscient de cela, a évoqué l’idée de lancer d’autres projections très rapidement. La thématique de la mer semble littéralement avoir beaucoup de preneurs dans notre pays.

Le film a pour base un conte dont la trame est la mer personnifiée qui s’adresse aux humains particulièrement nous autres Haïtiens. C’est selon le cinéaste un texte de Gary Victor connu pour ses romans le plus souvent empreints de merveilleux lu par Gessica Généus qui fait ses balbutiements en tant que réalisatrice de documentaire. « Yo di m pa sere kras, ebyen an nou pale ! », lance l’étendue bleue quelque part dans son monologue. La mer, en effet, raconte son histoire de longue date avec notre territoire et les diverses vagues d’habitants qui se sont succédé. Comme dans toutes les histoires, l’élément au sentiment maternel évoque nos gâteries à son endroit comme les chants, les productions littéraires, les offrandes aux dieux dont ses profondeurs recèlent selon nos croyances mais aussi les souffrances que nous lui infligeons comme les détritus de tous genres qu’on y déverse, l’empiètement sur son territoire et l’exploitation souvent outrancière de ses ressources. L’artiste BIC, la voix de la bande originale, s’est produit tout début de la soirée au Karibe.