Lundi 9 mars 2020. Il est midi passé. A la rue des Casernes, en face d’un magasin vendant des pièces de véhicules, un homme fraîchement tué par balle gît au bout de son sang. Autour de son cadavre, ni attroupement ni émoi n’a été observé au passage du journal. Chacun continue de s’occuper de ses affaires, sans prêter attention à ce corps laissé au soleil, entre deux écoles, à moins de 300 mètres du ministère de l’Intérieur, du Palais national, de la cour de cassation ou du quartier général des FAD’H. L’homme, Wilmack Thomas, avait 47 ans, a appris le journal en fin d’après-midi d’une source proche du commissariat de police de Port-au-Prince.
72 heures avant, c’est dans les hauteurs de Port-au-Prince, à Montagne Noire, un quartier huppé, que la mort a frappé. Peu avant 1 heure du matin, samedi 7 mars, des hommes armés ont fait irruption au domicile de Jean Frédéric Carrenard et criblé de balles ses deux agents de sécurité de la compagnie SNS, Michel Dieunord, 36 ans, et Jean Pierre Richard, 39 ans. « Sur le corps Jean Richard Pierre, j’ai constaté 14 orifices », a confié au journal le juge de Pétion-Ville, Carl Henry Destin. L’autre agent a reçu quatre balles, trois dans le corps et un au niveau de la clavicule droite, a-t-il poursuivi, soulignant avoir relevé plusieurs douilles et des projectiles de calibre 9 mm au domicile.






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