"Des trois mousquetaires qu’ils étaient à l'époque, Herby n’est plus, Bob est parti et je suis le seul à célébrer le cinquantenaire de notre œuvre", confie Roland Dupoux, la voix pleine d'émotions, ce dimanche 8 mars, dans la cour de Radio Métropole. Pas trop loin joue une musique d'Herby Widmaer, "Fanm Peyi m". Il déploie beaucoup d'effort pour ne pas verser les larmes qui ne veulent que couler. Il l'avoue. « C’est pour moi une grande satisfaction de savoir que nous avons passé plus d’une année à préparer notre ouverture. Le 8 mars on a démarré radio métropole et le lendemain matin, le 9 mars, on a commencé avec les émissions réelles et les gens se sont rendu compte que c'était quelque chose de nouveau et de différent. Et jusqu'a présent nous gardons cette même ligne et cette même place dans le quotidien de nos milliers d'auditeurs qui cinquante ans plus tard ne cessent de nous complimenter pour notre travail. Ça fait énormément plaisir. Les enfants d'Herby, mes associés, font du bon travail. Ils sont très efficaces, et je vois que la continuité est assurée et évidemment ça fait plaisir de voir que l'œuvre que tu as créée va durer.

Joël Widmaer a grandi avec radio Métropole. Dans le giron de son père, il a grandi dans l’intimité de cette station de radio qui est devenue le pilier central de son existence. "Je connais la radio depuis tout petit. La radio est née sous mes yeux et j’ai vécu toutes ces années avec elle. Ma vie c’est la radio et la musique et je suis plus radio que musique. La production, c’est mon vrai métier", affirme Joël  installé dans son univers, dans l’une des salles de production de Métropole C’est pas quelque chose de facile de garder une institution pendant cinquante années. Animé de fierté pour ce cinquantenaire, le fils d’Herby Widmaer ne cache pas sa satisfaction. « Je suis fier qu’on ait pu garder ce projet. Nous avons survécu à la dictature des Duvalier et à tout ce que les pays a connu par la suite. C’est un grand défi. Un challenge que nous avons pu relever grâce à la passion qui nous anime Richard et moi. C’est beaucoup de passion que mon père nous a inculquée et c’est un héritage extraordinaire qu’il nous a légué. Il n’y avait pas plus de dix stations à l’époque. Nous avons été la première station en stéréo et la deuxième sur la bande FM. Cinquante ans plus tard le spectre a explosé carrément, il y a des dizaines de stations et malgré tout nous sommes restés l’une des radio les plus importantes du pays. Faire l’information n’est pas quelque chose de facile et nous, nous sommes parvenus à garder notre ligne, à rester objectifs et surtout à fidéliser nos commanditaires tout comme nos auditeurs.