Le clip « Ayisyen leve » du groupe Ram vaut mille mots. Un doux euphémisme. Sans détour ni langue de bois, la bande à Richard et Lunise Morse a fait ce qu’il y avait à faire. Et a si bien réussi. Résultat : une vidéo de 1 minute et 35 secondes délivrant un message simple, limpide et bien ancré dans la réalité et l’actualité haïtiennes. 1 minute et 35 secondes comme pour nous mentionner qu’en ces temps de coronavirus, le temps nous est compté. Chaque millième de seconde est précieux et on doit l’utiliser efficacement. 1 minute et 35 secondes qui nous rappellent que ce sont des gestes simples qui nous aideront à déjouer les assauts du nouveau coronavirus. Moins de 2 minutes qui nous raconte que l’efficacité d’un message ne dépend pas de sa longueur, encore moins de l’utilisation démesurée de mots ronflants.
« Ayisyen, leve. Leve pou n lave je nou pou n wè kote nou ye. Ayisyen o, nou dòmi twòp o. Ayisyen o, nou nan mikwòb o ». 4 phrases. Elles regorgent toutes des mots qu’il faut, à la place qu’il faut. Elles charrient notre réalité d’Haïtiens et d’Haïtiennes toujours aussi incrédules et négligents qu’avant. Notre nature d’hommes et de femmes suspicieux se remettant aux bonnes grâces du « Bondye bon » au lieu d’appliquer les mesures de prévention. Elles traduisent notre façon de minimiser les dégâts et les conséquences relatifs à cette pandémie. Tout comme les laisser-aller, les manquements de nos autorités dans la gestion de cette crise sanitaire ayant déjà mis les grands pays à genoux. « Ayisyen leve ». Un réveil nécessaire, indispensable pour chaque citoyen. Dans un pays avec un système sanitaire qui lui-même a besoin de se faire soigner, cet éveil demeure un « must ».






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