« Je suis soldat. Je n’ai pas peur des hommes. Je ne crains que Dieu. S’il faut mourir, je mourrai comme un soldat qui n’a rien à se reprocher ». Ces paroles célèbres sont de François-Dominique Toussaint Louverture. Il y a 217 ans, un 7 avril 1803, ce soldat de la liberté a rendu l’âme, à 59 ans, au Fort-de-Joux, dans le froid du Jura. En hommage à l’homme de Bréda qui a vu le jour au Cap-Haïtien vers 1743, nous revisitons le livre de Daniel Supplice intitulé « Haïti histoire et Constitutions ». Ce livre dédié aux étudiants, aux chercheurs et à tous ceux qui sont intéressés au droit constitutionnel et institutions politiques, a paru à C3 éditions en 2019. À l’occasion de la commémoration de la mort du Premier des Noirs, nous avons pioché dans l’ouvrage de Supplice quelques extraits de la Constitution du 8 juillet 1801. 

Toussaint, cet antiesclavagiste, figure de proue du mouvement de l'émancipation des Noirs, après toutes ses prouesses dans l’île, a pris une vitesse supérieure. Ce génie de la race, en fin politique estime que l’autorité publique assise sur une assiette territoriale bien définie devrait s’encadrer juridiquement pour l’exercice du pouvoir. En effet, le 8 juillet 1801, Saint-Domingue s’est doté une Constitution, loi fondamentale sous l’égide de laquelle les droits et les libertés des citoyens, l’organisation et les séparations du pouvoir politique sont définis. Cette loi mère articulera le fonctionnement des différentes institutions qui composent l’État à Saint-Domingue.